Initiative inédite en France, Agisport est un fonds de dotation regroupant des entreprises de la région et destiné à accompagner les sportifs de haut niveau strasbourgeois dans leur carrière et leur future reconversion professionnelle.
Une quarantaine d'entreprises de Strasbourg et son agglomération se sont associées pour créer un fonds de dotation dénommé Agisport. L'objectif est de soutenir les sportifs strasbourgeois dans leur carrière sportive, mais aussi de les orienter dans leur reconversion professionnelle en établissant une passerelle entre le sport et les entreprises. « On a constaté que les sportifs de la ville partaient souvent ailleurs poursuivre leur carrière. C'est dommage pour les clubs qui ont contribué à leur éclatement. Aujourd'hui, on compte déjà une quarantaine d'entreprises et les contacts se multiplient pour augmenter ce nombre. Ça serait bien de rapidement le doubler pour avoir des fonds suffisamment puissants pour servir les sportifs », explique Patrick Depyl, président du fonds de dotation et directeur délégué de GDF Suez dans le grand Est.
Réservé au haut niveau, Agisport est une première. « Nous allons donc être très observés », souligne P. Depyl. Pour le moment, trois sportifs sont suivis par ce fonds de dotation. Inène Pascal est la première à en avoir bénéficié. Ancienne spécialiste de l'aviron, finaliste des JO de Pékin en 2008, la Schilikoise, âgée de 24 ans, en profite pour sa deuxième vie. « J'ai pu utiliser le carnet d'adresses d'Agisport pour contacter des entreprises. J'ai eu plusieurs opportunités avant de m'orienter vers Mathis, une PME familiale », raconte l'athlète, en apprentissage en master de marketing à l'EM Strasbourg. « Un sportif est un plus pour une entreprise »
« Le recrutement d'un sportif représente un vrai plus pour une entreprise », enchaîne le président du fonds qui a aussi pour but d'aider les sportifs en activité, à l'image de Vincent Anstett, champion du monde de sabre par équipes en 2006.
Agisport doit l'appuyer dans la préparation de ses prochaines échéances. Mais pas seulement. « Pour mener de front études et sport de haut niveau, il faut faire des concessions. Les études sont souvent plus longues et le problème de l'âge de la retraite se pose. Agisport va donc m'aider financièrement pour racheter mes années d'études pour ma retraite. Ce n'est pas facile de trouver une entreprise qui nous aide. J'ai mis deux ans à trouver chaussure à mon pied », note le licencié du SUC.
Enfin, Steeve Valente, 28 ans, multiple champion du monde de boxe thaï, devrait prochainement profiter d'Agisport pour peaufiner sa reconversion. Son dossier est à l'étude. « On apprend en avançant », conclut le président. « Il y a autant de cas différents que de dossiers. Il faut détecter ceux qui ont besoin d'aide et attribuer les sommes pour quelque chose de concret. »
O.A.


































